Séville à travers le temps

Paléolithique : Le début de cette période est généralement fixé à – 2,9 millions d’années avec l’apparition de l’Homo Rudolfensis et se subdivise en 3 sous-périodes. Les hominidés pratiquent la chasse et la cueillette ; ils ne connaissent ni l’agriculture ni l’élevage. Les dates suivantes sont approximatives et dépendent souvent des lieux où le développement se produit.

 

            Paléolithique inférieur : – 2900000 ;  – 300000.

            Outils : galet taillé, biface, hachereau, épieu.

            Le feu est maîtrisé en – 400000.

 

            Paléolithique moyen : 300000 ; 30000.

            Outils : éclats, racloirs, lances en bois.

            Premières préoccupations esthétiques (os gravés) et spirituelles (sépultures).

 

            Paléolithique supérieur : 30000 ; 12000.

            Outils : lames, grattoirs, burins, pointes de flèches et de lances, outils en

            os, propulseurs.

            Peintures rupestres.

 

On a trouvé en Andalousie des vestiges remontant à la période entre – 700000 et – 400000 dans la région du haut Guadalquivir et du sud de la Sierre Morena près des rivières qui servaient d’axes de communication. Mais il est possible qu’une population y ait déjà habité avant. Une période de glaciation au paléolithique moyen obligea les hominidés à se réfugier dans des grottes et on en trouve de nombreuses preuves. Au paléolithique supérieur, le climat se radoucit, les hominidés développent leurs outils et les peintures rupestres deviennent plus abondantes (grottes de Nerja, d’Alméria etc…) ; l’homo sapiens commence à apparaître.

Néolithique : 12000 ; 3000.

Cette période se caractérise par la découverte de l’agriculture et de l’élevage et par la sédentarisation partielle des populations ; la pierre est polie et la poterie en céramique est fréquemment utilisée pour les aliments. En Andalousie, les premières manifestations du néolithique se trouvent près d’Alméria et datent de – 5000. Les hommes habitaient en groupe soit dans des cabanes, soit dans des grottes. Le néolithique prend fin avec la maîtrise des métaux et l’invention de l’écriture, vers – 3000.

 

Age des métaux :
Il se subdivise en 3 périodes : les âges du cuivre, du bronze et du fer.

La fusion du métal a été découverte et elle a été introduite dans la péninsule ibérique par des civilisations qui viennent y chercher du métal. Cette découverte a contribué à la division du travail : les agriculteurs produisaient un excédent de produits, ce qui permit à certains de se consacrer à l’extraction et la fusion des métaux. Les transports se développèrent pour ramener les métaux dans les pays dominants et le commerce prit son essor, surtout autour de la méditerranée. Ces échanges favorisèrent également la diffusion plus rapide des technologies.

L’Andalousie profita de ces nouveautés et pendant l’âge du bronze, se développèrent les civilisations mégalithiques des Millares, du Vaso Campaniforme et de El Argar.

Antiquité :  

Tartessiens : Au cours de l’âge des métaux, se développa l’importante civilisation de Tartessos, autour de l’embouchure du Guadalquivir ; elle s’étendit bientôt à toute l’Andalousie et même à l’Algarve. On ne connaît ni l’origine, ni la date de la naissance de cette civilisation. Il est possible qu’elle soit née d’une fusion de la population ibère avec les Phéniciens colonisateurs : la langue, l’écriture, la céramique, les dieux semblent confirmer cette hypothèse.

Les Tartessiens avaient un roi et leurs lois étaient inscrites sur des plaques de bronze ; ils vivaient de la pêche, de la métallurgie (or, argent, cuivre et fer), de l’agriculture, de l’élevage et du commerce avec les Phéniciens, les Grecs et les Etrusques : les Phéniciens avaient fondé de nombreux comptoirs en Andalousie.

L’Andalousie constituait également une étape pour le commerce que les Phéniciens pratiquaient avec les îles britanniques. La civilisation tartessienne semble avoir décliné vers – 600 en même temps que celle des Phéniciens, battus en – 573 par les Babyloniens de Nabuchodonosor. On n’a jamais trouvé de vestiges concernant une éventuelle ville de Tartessos. Le beau trésor d’El Carambolo cependant recèle des objets de cette culture.

Carthaginois : Ce furent les Carthaginois qui, à la suite des Phéniciens, colonisèrent une partie de l’Andalousie et devinrent tout puissants. Ils fondèrent ou développèrent de nombreuses villes.

D’autres peuples ibères prirent la place des Tartessiens dont les noms en espagnol sont : Turdetanos, Turdulos, Bastetanos, Oretanos, Conios.

Romains : Les Romains chassèrent petit à petit les Carthaginois après les guerres puniques. Ils établirent un réseau de voies de communication, développèrent ou construisirent des villes suivant leur conception habituelle et petit à petit la civilisation ibère se fondit dans la civilisation romaine, comme ce fut le cas pour les Gaulois. Rome tirait de nombreux bénéfices de cette colonisation ; métaux, céréales, huile et vins. Au IVe s., le christianisme prit peu à peu de l’importance en Andalousie (contenue dans les anciennes provinces romaines de Bétique et de Lusitanie) ; il y eut même un concile à Elvira.

Moyen Age :

En 411, en vertu d’un accord conclus avec Rome les tribus germaniques : Suèves, Vandales et Alains s’établirent dans la péninsule. Les Vandales, expulsés par les Wisigoths en 418, restèrent peu de temps en Bétique avant de poursuivre vers le Maghreb. Ces derniers assaillants mirent cependant plus de temps à soumettre la Bétique, dont les souverains locaux, encore d’imprégnation romaine, pouvaient lever des armées ; de plus l’Eglise rejetait l’autorité des provinces du nord. Une révolte des souverains locaux appuyée par les Byzantins permit à ces derniers de s’installer momentanément dans le sud de l’Espagne. Mais l’occupation fut de courte durée et bientôt, les Wisigoths furent maîtres de la Péninsule

Profitant d’une lutte pour le pouvoir, les Maures envahirent la péninsule à partir de 711, avec à leur tête le Berbère Tariq Ibn Zyad. Les villes prises sont administrées par des gouverneurs venus de Damas.

Abd er Rahman I , omeyyade venu également de damas, prend le pouvoir en 756 et fonde l’Emirat de Cordoue ; il déclare son indépendance administrative par rapport au nouveau califat abbasside de Damas. Il y eut cependant des révoltes fréquentes en raison du grand nombre de communautés raciales et religieuses qui cohabitaient, chacune d’elles voulant défendre ses intérêts. Par exemple entre 880 et 918, un mollah se rebella contre le pouvoir de Cordoue. Mais il y eut aussi des problèmes entre Berbères, Mozarabes (Espagnols chrétiens arabisés), enfants de père musulman et de mère chrétienne, Juifs, esclaves, affranchis.

En 912, Abderrahman III proclama le Califat de Cordoue, se rendant ainsi indépendant de Damas sur le plan religieux. Il y eut une période heureuse d’harmonie entre les cultures musulmane, juive et chrétienne, où les intellectuels des trois confessions purent apporter leur contribution à une culture florissante.

Mais à la suite de révoltes, le royaume se fractionna en une trentaine de royaumes : les Taifas.

Cette période dura de 1030 à 1090. Les rois locaux étaient désunis et se faisaient la guerre. Dans la région de Grenade les Ziris prirent le pouvoir ; il y eut quatre rois ziris, qui firent de Grenade leur capitale.

L’armée chrétienne qui commença à profiter de cette désunion, fut arrêtée en 1086 par de nouveaux arrivants venant du Maghreb récemment convertis à l’Islam : les Almoravides conduits par Ibn Tachfin, qui avaient été appelés en renfort par les rois des Taifas.

L’Almoravide Ibn Tachfin conquit alors le pouvoir et réunifia Al Andalus en 1094. Mais sa dynastie ne régna que jusqu’en 1147, par suite de l’agitation perpétuelle fomentée par les Almohades, de rite chiite, et qui prêchaient la guerre sainte contre les Almoravides de rite malikite. Entre 1144 et 1170, les petits royaumes des Taifas se reformèrent jusqu’à ce que les Almohades réunifient complètement le royaume.

 

Les Almohades, qui prêchaient le retour aux sources religieuses de l’Islam, prirent le contrôle d’Al Andalus en 1147. Ils subirent la défaite de Las Navas de Tolosa en 1212 et ne régnèrent que jusqu’en 1236, date de la chute de Cordoue, après une longue série de luttes internes. Ferdinand III prit également Séville en 1248. A nouveau les Taifas se reformèrent.

En 1238 Mohammed I fonde le Royaume Nazari de Grenade qui ne tombera qu’en 1492, après de nombreuses batailles. Des villes furent prises, puis reprises par les Maures. Pendant cette période, musique, littérature et architecture connurent un développement exceptionnel.

Age récent :

Au XVIe s, après la défaite maure, l’Andalousie fut constituée par les royaumes de Jaén, Córdoba, Sevilla et Granada alliées au Royaume de Castille et Aragon. La découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492 apporta une grande prospérité à l’Andalousie qui eut pratiquement le monopole du commerce avec l’Amérique, car Colomb était parti d’Andalousie et avait utilisé ses marins expérimentés ; les ports de Séville, Cadix et Huelva accueillirent les bateaux qui ramenaient des richesses. Vers la fin du siècle il y eut un soulèvement des Morisques, maures restés en Espagne et qui s’étaient fixés dans de petites villes de montagne notamment dans les Alpujarras : la raison en était une obligation pour eux de se convertir au catholicisme. Ils furent vaincus et durent quitter l’Espagne.

Au XVIIe s. , l’Andalousie connut de graves problèmes avec l’épidémie de peste. Les terres, d’autre part, avaient été distribuées à des seigneurs, notamment à ceux qui avaient participé aux guerres de la reconquête ; les paysans souffrirent de ce retour à la féodalisation. Des révoltes et des conspirations eurent lieu, notamment contre le duc d’Olivarès qui écrasait les habitants sous les impôts.

Avant les Bourbons, on ne pouvait pas parler du royaume d’Espagne : même si un « roi catholique » régnait sur les deux principaux états : Castille et Aragon, toutes les régions étaient très soucieuses de garder leur autonomie. Voici néanmoins la liste des souverains accompagnée des années de leur règne.

Isabelle de Castille (1474-1504) reine de Castille.

Ferdinand d’Aragon (1479-1516) roi d’Aragon puis aussi de Castille .

Jeanne I la folle (1504-1516) reine sous tutelle de son père et de son mari, Philippe le Beau,  fils de l’empereur du Saint empire Romain Germanique Maximilien I de Habsbourg.

Charles I (1516-1556) fils de Jeanne et de Philippe le Beau, roi des Espagnes et empereur Charles Quint du Saint Empire romain Germanique.

Philippe II (1556-1578) fils du précédent, également roi du Portugal.

Philippe III (1598-1621) fils du précédent, également roi du Portugal.

Philippe IV (1621-1665) fils du précédent, également roi du Portugal jusqu’en 1640.

Marie-Anne d’Autriche (1665-1675) régente.

Charles II (1665-1700) n’a pas d’enfants.

Une guerre de succession s’engage entre le duc d’Anjou, petit fils de Louis XIV, de la famille des Bourbons, et Charles de Habsbourg tous deux  parents de Charles II. C’est le Bourbon qui l’emporte.

Au XVIIIe s. ce sont les Bourbons-Anjou qui gouvernent.

Philippe V (1700-1746) créée un royaume sur le modèle français, centralise les organes de décision : on peut désormais parler de roi d’Espagne. Les régions ont peu de pouvoir.

Il abandonne le pouvoir pendant un an, en 1724, au profit de son fils aîné qui meurt de variole.

Ferdinand VI (1746-1759) fils du précédent.

Charles III (1759-1788) frère du précédent.

Charles IV (1788-1808) fils du précédent ; doit abdiquer en 1808 en faveur de Napoléon.

Au XIXe s. globalement ce sont encore les Bourbons qui gouvernent à part trois interruptions : deux républiques et une dictature.

Joseph Bonaparte (1808-1813) placé par son frère abdique rapidement.

Ferdinand VII (1813-1833) est le fils de Charles IV.

Ferdinand VII s’était marié 4 fois et il n’eut qu’une fille, Isabelle, avec sa quatrième épouse. Il changea la loi pour qu’elle puisse régner, car en principe, une femme ne pouvait pas régner. Cela ne fut pas accepté par le frère du roi, Charles de Bourbon qui essaya de prendre le pouvoir par la force. Le carlisme qui s’était développé en cette période était un mouvement conservateur et clérical qui s’opposait au libéralisme. Les carlistes étaient partisans d’une monarchie traditionnelle, décentralisée, respectueuse des libertés provinciales, des traditions locales et de la coutume, ainsi que de la religion catholique. Ils s'opposent aux Bourbons libéraux et centralisateurs et au clan qui gravitait autour d'Isabelle II. Mais les trois guerres carlistes furent des échecs pour Charles de Bourbon.

Isabelle II (1833-1868) fille du précédent. Libérale au début de son règne, elle glisse vers l’absolutisme et elle est obligée de s’exiler puis de démissionner à la suite d’une révolution qui ne déboucha que sur des troubles, les révolutionnaires ne parvenant pas à s’entendre.

Amédée I (1870-1873), fils du roi d’Italie, a été élu roi par les Cortes mais abdique en 1873.

Première république : (1873-1874)

Alphonse XII (1874-1885) fils d’Isabelle II

•  Au XXe siècle

Marie-Christine d’Autriche (1885-1929) régente.

Alphonse XIII (1885-1931)

Seconde république : (1931-1939)

Dictature de Franco : (1939-1975)

Juan Carlos : (1975-)

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